La vie au conte gouttes

Prologue

Longtemps, je me suis levé de bonne humeur.

Quotidienne, sempiternelle ou rabâchée,

Chacune de nos actions est unique.

Chaque lever, un miracle en soi…

Sitôt debout, je vais risquer un oeil à la fenêtre.

Sous son ciel de traîne la rue est déserte et glacée.

Tout est à sa place.

Rien à signaler.

D’habitude rassuré, confiant, je file me recoucher.

Mais vendredi, c’était le jour des encombrants.

Il faisait sacrément froid.

Par moins cinq degrés en dessous du zéro, j’ai passé la matinée

dehors à attendre le camion-benne. Personne ne m’a ramassé.

Pas facile de se débarrasser de soi ...

J’ai rêvé n’être qu’un passant sachant passer.

J’aurai aimé faire ça léger, vif et vite avant l’enlisement essoufflé.

Trépasser dans la jeunesse de mon corps/esprit, déchirer le ciel

comme un météore fou, frotter la chair de ma matière en fusion, me

perdre encore chaud et spumescent entre les cuisses de l’atmosphère.

Tout, sauf mourir longtemps...

« Vivre vite, mourir jeune, et faire un beau cadavre » Telle était la

devise de l’auteur afro-américain Willard Motley.

Ci-gît, les 6 J dont deux pour Janis Joplin. Robert Johnson. Brian Jones.

Jimi Hendrix. Jim Morrison, tous morts à 27 ans.

En ce qui concerne mon admission au “Forever 27 Club “ c’est raté !...

 

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