Chez Jacques

 

Chez Jacques Dutronc
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Arrive le dimanche ! Me voila au 67 rue de Provence.

L’appartement des Dutronc, toujours plongé dans une semi-pénombre, son atmosphère si particulière, son odeur de tabac froid, de vieux cigare. La grande bibliothèque. Le piano dans le salon. Le parquet ciré, les tapis. Je ne connaissais pas de maisons bourgeoises, ni au Maroc ni à Paris ou ma mère, ma sœur et moi, partagions un espace plutôt réduit.

Cet endroit allait devenir le centre de l’univers, la vraie vie !               

Tout le reste n’étant qu’une énorme salle d’attente !

C’est la chambre de Jacquot qui m’a le plus impressionné. Des instruments partout, guitare sèche et électrique, percussions, contrebasse, amplis et batterie..

Jean-Pierre Huster, Hadi Kalafate, Jean-lou Licard et Jacques Dutronc étaient d’authentiques titis, des parigots facétieux toujours prêts a rire, à se moquer de tout. Ils avaient leur code, un langage commun, des expressions compréhensibles des seuls happy few.

J’étais d’une timidité rare, heureusement on a joué avant de se parler !

Je n’ose pas imaginer la naïveté, l’innocente candeur de notre approche musicale mais l’énergie la sensibilité, l’envie de partager, et le plaisir d’être ensemble étaient déjà présents à ce premier rendez vous.

On ne se quittait plus, on se voyait tous les jours.

J’avais, comme le vilain petit canard du conte d’Andersen, rejoint ma vraie famille.

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